Elevage de perroquets

Articles

Ecologie alimentation du conure à joue verte
(Pyrrhura molinae)

dans les forêts arides de l’ouest du Brésil par Ragusa-Netto, J.

Département des Sciences naturelles, Campus Três Lagoas, Université fédérale du Mato Grosso do Sul – UFMS

L’espèce Pyrrhura désigne les perroquets de taille petite à moyenne qui habitent les abords de la forêt tropicale pluvieuse dans ses parties basses et sèches, essentiellement en Amérique du Sud. La conure Pyrrhura molinae (conure à joues vertes) se trouve encore en grand nombre dans ces forêts denses de l’ouest du Brésil. On sait peu de choses sur les conures de l’espèce Pyrrhura, de même que sur la plupart des perroquets néotropicaux. Dans cette étude, j’ai mis l’accent sur leur manière de fourrager, autant dans les parties décidues que semi décidues des forêts de l’ouest du Brésil. De plus, j’ai évalué la relation entre les ressources de nourriture (fleurs et fruits) et le régime alimentaire de cette espèce. La conure Pyrrhura molinae manifeste une grande versatilité dans ses habitudes alimentaires : elle consomme les fleurs (3 espèces), les graines (3 espèces), la pulpe des fruits et leurs graines (6 espèces) de16 espèces d’arbres. Ces conures se nourrissent aussi d’une grande variété de fruits charnus qui poussent dans les forêts semi décidues, ainsi que des chatons de l’arbre Cecropia pachystachya. Dans les forêts caduques (qui perdent leurs feuilles), ces perruches cherchent plus spécialement les figues qui constituent 70% de leur diète, en plus du nectar des graines des fruits secs. Elles sont particulièrement présentes dans les arbres Ficus calyptroceras qui portent des fruits non seulement abondants, mais disponibles toute l’année.

C’est en exploitant diverses sources de nourriture, en consommant une grande quantité de figues, que les conures à joues vertes sont en mesure de survivre aux longues périodes de sécheresse caractéristiques des forêts tropicales de l’ouest du Brésil.

Note :
J’attire l’attention du lecteur sur ce qu’il faut retenir de cette étude : les conures à joues vertes ne mangent pas d’insectes; seulement quand elles nourrissent leurs oisillons, les conures à joues vertes mangent volontiers les guêpes qu’elles trouvent dans les fleurs, elles sont essentiellement granivores (graines et grains) et frugivores (fleurs et fruits).

Conclusion :
Les conures à joues vertes compagnons ne devraient pas consommer d’insectes puisque la moulée, qui constituent leur alimentation de base, contiennent suffisamment de protéines. Les fruits, les légumes avec une recette de riz et quinoa (très riche en protéines) en petite quantité, viennent compléter le menu quotidien de mes perroquets; si on ajoute à cela des insectes, l’oiseau risque d’avoir une diète trop riche en protéines, ce qui peut affecter ses reins et son foie. Seuls les oiseaux qui nourrissent leurs oisillons pourraient en consommer.

Si une personne préfère nourrir avec des insectes, il suffit de couper la moulée pendant les jours où les insectes sont disponibles.

Comprendre le langage d’un perroquet

Quand un oiseau crie, c'est pour vous dire qu'il veut avoir ou qu'il lui manque quelque chose (ex: son bain, ses légumineuses, etc.) Je parle par expérience, mes perroquets, et j’en ai quelques-uns, crient seulement quand leurs besoins ne sont pas satisfaits : bain, fruits, légumes ou gâteries. C'est comme ça que les perroquets communiquent avec nous, les humains... pour nous dire : «Je ne suis pas content.... je veux avoir ceci ou cela». Mieux et plus vite on comprend le langage des perroquets, moins ils auront besoin de crier pour se faire comprendre. Un oiseau auquel on donne l’attention dont il a besoin pour se sentir de la famille, dont les autres besoins sont satisfaits est un oiseau heureux et comblé qui vocalisera de plaisir.

Dans la nature, les perroquets crient pour communiquer entre eux, se situer dans la végétation dense de leur environnement, pour signaler un danger, un arbre avec des fruits appétissants, attirer un partenaire…Leurs cris doivent porter loin pour parvenir aux oreilles de ceux à qui ils sont destinés. En captivité, les perroquets font la même chose : la pièce est vide, l’oiseau crie pour retrouver la trace de son maître ; une nouvelle personne arrive à la maison, l’oiseau qui la perçoit comme un danger en avertit son maître…Dans nos maisons ou nos appartements, ce cri devient trop perçant et dérangeant. Pour le prévenir, il faut se rappeler aussi que les perroquets supportent mal de vivre seuls ; dans la nature, ils sont toujours en couple ou en groupes ; les isoler de la famille quand tout le monde est de retour du travail, c’est s’exposer à des cris qui sont des appels de détresse.

Les perroquets sont des êtres intelligents qu’il faut tenir occupés pour éviter qu’ils s’ennuient. Dans la forêt tropicale, leurs journées sont remplies d’occupations diverses et ils n’ont pas le temps de s’ennuyer. Dans nos maisons, tout est à portée de leur bec; ils n’ont pas grand-chose à faire sinon attirer l’attention de la famille par leurs facéties, mais aussi par leurs cris. Leur trouver des occupations, leur apprendre des tours, stimuler leur curiosité en cachant des noix, en inventant des jeux sont autant de moyens d’empêcher les cris inutiles.

Dolores Boucher

Remonter

Ce texte a été écrit par moi, avec l’aide de mon ami Danielle

A propos du Polyoma virus - quelques précisions de notre vétérinaire

Cet article vise à rappeler certains faits relatifs au Polyoma virus dont il est souvent question. Tout d’abord, je mentionne que tous mes perroquets ont été testés pour toutes les maladies virales avec des résultats négatifs. C’est donc dire que tous mes perroquets sont sains et que tout perroquets qui y entre subit une batterie de tests divers (pas seulement pour les virus) doublé d’un examen complet.

Le virus du Polyoma attaque principalement les oisillons (les parents étant porteurs, ils contaminent leurs bébés) dans le nid ou jusqu’à 3 à 6 semaines, selon l’espèce. L’oisillon est alors marqué par des ecchymoses noires et bleues sur tout le corps, comme s’il avait été frappé ; son jabot ne se vide pas, il ne mange pas et finit par mourir. Les oisillons qui ont survécu et/ou ont été en contact avec le malade sont des porteurs du virus, mais attendez… il y a de l’espoir.

J’ai amené un de mes youyous du Sénégal à la clinique vétérinaire pour un certificat de santé avant de le laisser partir dans sa nouvelle famille. J’en ai profité pour demander à la vétérinaire s’il est nécessaire de faire vacciner mes oisillons pour les protéger du Polyoma virus. Elle a répondu par le négatif,  le principe de la vaccination est de protéger l'oiseau contre une future exposition possible à la maladie.  Comme je vends tous mes oisillons déjà sevrés (alors qu'on sait que les symptômes du Polyoma se déclarent habituellement au moment du sevrage) et que tous mes oiseaux adultes sont testés négatifs pour le Polyoma, la seule raison pour les vacciner avant leur départ de l'oisellerie serait pour les protéger d'un contact futur avec la maladie.   (Par exemple, si l'oiseau était destiné à une animalerie, un autre éleveur, allait dans des expositions etc... tout endroit ou il pourrait entrer en contact avec d'autres oiseaux, potentiellement porteurs du Polyoma).

La vétérinaire a ajouté que,  selon les études, les oiseaux porteurs du virus finissent habituellement par l'éliminer dans certaines conditions.  L'oiseau porteur doit être mis en quarantaine pour éviter de contaminer d'autres oiseaux, son environnement soit régulièrement désinfecté (avec le l’Oxyfresh par exemple) et il doit être re-testé à répétition pour le polyoma virus, jusqu'à ce qu'on obtienne plusieurs résultats négatifs consécutifs.  Cela peut prendre jusqu'à 18 semaines pour que l'oiseau soit débarrassé du virus.  Il est à noter que les perruches sont considérées comme des porteurs permanents et que les perruches calopsittes , selon les tests, restent porteurs au moins 6 mois  et possiblement toute leur vie.

En conclusion, si votre aviaire est un milieu fermé dont tous les perroquets ont été testés négatifs pour cette maladie, il n’est pas nécessaire de vacciner vos oisillons avant leur départ de l'oisellerie, à moins qu’ils soient destinés à aller dans un milieu à risques (en contact avec d'autres oiseaux).  Notez aussi est possible de faire vacciner votre oiseau à n'importe quel âge, avant  qu'il ait à faire face à toute situation à risque.

Dolores Boucher

REFERENCES

Phalen, D.N. Avian Polyomavirus:  More Pieces to the Puzzle. Proceedings, Annual Conference of the Association of Avian Veterinarian, 1998.

Phalen, D.N. Journal of American Veterinary Medical Association, 2001.

Ritchie, B.W.  Progress in Preventing PDD, Polyomavirus and PBFD virus.  Proceedings, Annual conference of the Association of Avian Veterinarian, 1998.

Remonter

Plaidoyer pour un prisonnier

par Johanne Vaillancourt, béhavioriste aviaire - Octobre 1997

Les êtres humains ont depuis toujours aimé tout régenter, que ce soit les villes, les gens, la nature ou les animaux.

Un jour, l'être humain a senti le besoin d'une compagnie autre que celle de ses semblables. Il a donc décidé d'adopter des animaux mais, naturellement, en leur imposant sa manière d'être et de vivre. Eh oui ! l'être humain est ainsi fait. Il a soif de pouvoir et de dominance. Il ne pouvait donc pas avoir d'animaux de compagnie en les laissant être eux-mêmes. Il devait les contrôler, les soumettre et surtout, leur enlever ce qui est essentiel à tout être vivant, la liberté.

Victimes de leur grande beauté, les perroquets n'ont malheureusement pas échappé à cette volonté de conquête. L'être humain a voulu avoir comme parure dans sa demeure, le plus libre des animaux, l'oiseau. Et quand il eut capturé l'oiseau, ce qu'il trouva de mieux à faire fut de le mettre en cage, lui, l'oiseau qui avait toujours eu des kilomètres de territoire à survoler. Là, l'humain le condamne à l'oisiveté perpétuelle et lui impose des lois qui sont contraires à son instinct de survie, c'est-à-dire ne pas crier, ne pas gruger, ne pas dominer. En fait, tout ce qui est essentiel à sa survie dans la nature, l'être humain le lui interdit. Puis vient le moment où l'humain veut faire de l'oiseau sa créature ; l'humain veut que son oiseau parle comme lui, qu'il mange comme lui, et, qu'à des heures décidées par lui, l'oiseau s'occupe avec des jouets d'humain ; bref, que l'oiseau soit semblable à l'humain.

L'oiseau n'a aucun droit dans le monde des humains. Jamais il ne peut protester ou se plaindre de sa vie. Il doit toujours être prêt à jouer quand l'humain en a envie ; mais si c'est lui qui veut jouer ou avoir de l'attention, il doit refouler ses envies sous peine d'être puni. L'oiseau n'a pas le droit de revendiquer, il doit attendre le bon vouloir de son maître.

Mais les perroquets sont des prisonniers récalcitrants. Ils sont rebelles et se souviennent trop bien du temps de la liberté. Alors, ils développent en captivité des comportements qui leur étaient jusque là étrangers en liberté : picage, obésité, agressivité, cannibalisme et névroses diverses. L'ennui est le pire ennemi du perroquet. Que pourrait-il donc faire pour occuper ses journées, lui qui était pourtant si occupé lorsqu'il était en liberté. Chez les humains, il n'y a rien à faire, rien !

Alors il observe. Toute la journée, il observe. Sa vie est réglée comme en prison au rythme des levers, des repas et des couchers. Il observe et attend son maître. Il attend que celui-ci daigne bien lui accorder une petite heure dans sa journée. Mais que doit-il faire des 23 autres heures?

Alors, de grâce, vous les humains qui lisez ces lignes, soyez indulgents avec votre oiseau. Accordez-lui une apparence de liberté, offrez-lui une vraie vie d'humain. Sortez-le de sa cage le plus souvent possible, donnez-lui de l'espace, laissez-le gagner une petite discussion de temps en temps, laissez-lui l'impression de faire des choix, de décider.

Donnez-lui la chance de vivre avec vous, de partager vos activités, CE N'EST PAS UN CAPRICE, C'EST UN BESOIN ! S'il crie, cherchez à savoir pourquoi. Votre oiseau ne vit pas avec le seul espoir de vous faire suer pour rien. Soyez attentifs à ses besoins et il le sera aux vôtres.

Les perroquets sont très intelligents, ils ont une sensibilité à fleur de peau. Ils ne connaissent pas vos lois et ne reconnaissent pas vos biens de valeur. Ils n'en ont rien à cirer de votre beau piano. Pour eux, c'est un gros morceau de bois et le bois, c'est fait pour être grugé ! Alors soyez humains et offrez-leur du bois à gruger. Leur besoin sera ainsi satisfait et le piano sera sauf. Dites-vous que si votre oiseau mange quelque chose dans votre maison, ce n'est pas de sa faute mais bien de la vôtre puisqu'il ne connaît pas vos lois.

Ce n'est pas difficile d'être heureux avec votre oiseau, un peu de bon sens, une attention particulière à ses besoins naturels, bref, ne lui faites pas subir ce que vous n'aimeriez pas qu'on vous fasse subir. La prison est déjà une peine bien assez lourde à supporter !

Remonter